Un rapport annuel traduit en quelques jours, une brochure commerciale envoyée à l’imprimeur la veille d’un salon, un site web mis en ligne dans l’urgence. Dans la plupart des entreprises, la traduction arrive souvent en fin de chaîne, quand le temps manque déjà. Et c’est précisément à ce moment que la relecture est sacrifiée.

Pourtant, une traduction anglais français qui n’a pas été relue par un second professionnel laisse presque toujours passer des détails gênants. Une tournure trop proche de l’anglais, un faux ami, un chiffre mal formaté. Rien de dramatique pris séparément, mais l’ensemble suffit à donner une impression d’amateurisme.

Pourquoi l’anglais piège si souvent les traducteurs

L’anglais et le français partagent une grande partie de leur vocabulaire. Près d’un tiers des mots anglais viennent du français ou du latin. Cette proximité rassure, mais elle tend aussi des pièges. Le mot eventually ne veut pas dire éventuellement mais finalement. Actually signifie en réalité, pas actuellement. Library désigne une bibliothèque et non une librairie.

Au-delà du vocabulaire, la syntaxe pose problème. L’anglais aime les phrases courtes, la voix passive et les enchaînements de noms. Le français préfère les verbes, les liaisons explicites et une structure plus articulée. Un texte calqué sur l’anglais se reconnaît immédiatement, même quand il ne contient aucune faute.

Les points à vérifier lors de la relecture

Une relecture efficace suit une méthode. Le relecteur commence par lire le texte français seul, comme le ferait un lecteur final. Il repère ce qui accroche, ce qui sonne faux, ce qui manque de clarté. Ensuite seulement, il compare phrase par phrase avec l’original anglais.

Parmi les éléments à contrôler systématiquement :

  • la typographie française, avec les espaces insécables avant les deux-points, points-virgules, points d’interrogation et d’exclamation ;
  • les guillemets français plutôt que les guillemets anglais ;
  • le format des nombres, la virgule décimale et l’espace pour les milliers ;
  • les dates, souvent inversées entre les usages américains et français ;
  • la cohérence terminologique d’un bout à l’autre du document.

Le choix du bon traducteur français anglais

La relecture ne peut pas tout corriger. Si la traduction de départ est faible, le relecteur finit par réécrire le texte, ce qui coûte du temps et de l’argent. Mieux vaut donc confier le travail à un traducteur français anglais qui traduit vers sa langue maternelle et maîtrise le domaine concerné. Un spécialiste de la finance ne traduira pas un manuel technique avec la même aisance qu’un ingénieur linguiste, et inversement.

Lorsque vous confiez une traduction en anglais ou vers le français, demandez toujours si la relecture par une deuxième personne est incluse. C’est le principe dit des quatre yeux, recommandé par la norme ISO 17100 pour les services de traduction.

Documents officiels : une relecture d’un autre type

Pour certains documents, la question de la relecture se pose différemment. Un diplôme, un acte d’état civil ou un jugement destiné à une administration exige souvent une traduction assermentée, réalisée par un expert près une cour d’appel. Dans ce cas, le traducteur engage sa responsabilité sur la fidélité du texte. La relecture porte alors sur l’exactitude absolue : noms propres, dates, numéros, mentions manuscrites et tampons.

Le style passe au second plan. Ce qui compte, c’est que l’administration puisse s’appuyer sur la traduction comme sur l’original, sans la moindre ambiguïté.

Projets multilingues : garder la cohérence

Beaucoup d’entreprises ne traduisent pas seulement vers l’anglais. Un même catalogue peut exister en français, en anglais et en allemand. Faire appel à un traducteur allemand en parallèle du traducteur anglais demande une bonne coordination. Si le texte source français change en cours de route, toutes les versions doivent être mises à jour de la même manière.

La relecture joue ici un rôle de contrôle transversal. Elle vérifie que les termes clés, les noms de produits et les mentions légales sont identiques dans chaque langue. Un glossaire commun, partagé dès le début du projet, facilite grandement ce travail.

Les bons outils pour lever les doutes

Même les relecteurs expérimentés ont des hésitations. Accord d’un participe, féminisation d’un titre, orthographe d’un terme rare. Pour trancher, le Centre national de ressources textuelles et lexicales propose des définitions, des étymologies et des exemples d’usage très fiables. Les logiciels de correction automatique complètent le travail, mais ne remplacent jamais l’œil humain : ils ignorent le contexte et laissent passer les contresens.

Ce que l’entreprise peut préparer en amont

La qualité finale dépend aussi du client. Un texte source clair, sans abréviations internes ni phrases ambiguës, se traduit mieux. Indiquer le public cible, le ton souhaité et le pays de destination évite bien des allers-retours. Le français de France n’est pas celui du Québec, et l’anglais britannique diffère de l’anglais américain sur l’orthographe comme sur le vocabulaire.

Prévoir un délai réaliste est tout aussi important. Une relecture bâclée en une heure ne vaut guère mieux qu’une absence de relecture. Comptez en général un tiers du temps de traduction pour une révision sérieuse.

En résumé

Relire une traduction n’est pas une formalité. C’est l’étape qui transforme un texte correct en texte publiable, celui que vos clients liront sans deviner qu’il a d’abord été écrit dans une autre langue. Pour une entreprise qui travaille avec des partenaires anglophones, investir dans cette étape revient à protéger sa crédibilité sur chaque marché.